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dimanche 11 novembre 2007

Expresso : un choix compliqué (part 3 : les systèmes à dosettes dures ESE)

Je suis un peu à la bourre en cette fin de semaine et je pars en vacances me faire dorer la pilule demain matin… jusqu’à mercredi. Aussi, je vais devoir inexorablement interrompre la série pendant ces 4 jours…
Je prie donc mes lecteurs assidus de bien vouloir me pardonner une telle indélicatesse et en attendant le dernier choix « part 4 : les systèmes à café moulu », qui ne sera publié que la semaine prochaine, examinons aujourd’hui en détails le système à dosettes dures ESE (Easy Serving Expresso).

D’abord réservé aux professionnels de la restauration, ce format est aujourd’hui disponible pour nous le peuple.

A première vue, il constitue la synthèse des avantages du système à capsule et du système à dosettes souples. Le format est non-propriétaire, ce qui signifie que la grande majorité des machines expresso classiques est compatible (Ludimak, Grimac, Spinel, Innova, Saeco, Delonghi, Illy, Krups, Magimix…), soit directement soit grâce à un petit kit à insérer dans le percolateur. (Machine à partir de 100€ et kit 10-15€ environ).
Le choix de l’open-source a aussi permis à de nombreux acteurs de la torréfaction de proposer leur propre gamme ESE. Le choix est désormais vaste et varié avec de nombreux grands crus de café dont certains labellisés bio et équitable.
La qualité de l’expresso produit est excellente, ce qui s’explique en partie par la parfaite conservation des dosettes emballées individuellement sous atmosphère protectrice. L’utilisation se révèle quant à elle aussi aisée (jeu de mot facile..) que pour les 2 précédents systèmes.

Au rayon des défauts : le prix de revient à la tasse. Sans atteindre les orbites tarifaires des capsules celui-ci reste plutôt élevé puisque la tasse revient en moyenne à 0.25€. Les meilleurs crus labellisés sont disponibles aux alentours de 0.30€. Par ailleurs, des progrès au niveau écologique sont encore à faire car l’emballage individuel contient de l’aluminium mal recyclé.

Juste un mot pour conclure sur les dosettes. Il me parait fort probable que le format ESE ne se développera pas beaucoup plus en volume par rapport à ce qu’il est aujourd’hui. Je pense par contre que ce type de conditionnement sera de plus en plus réservé aux très grands crus, histoire de pouvoir amortir plus facilement un coût d’emballage important (il existe des dosettes de Blue Mountain de Jamaïque à plus de 1€).
Pour les gammes « inférieure » à « supérieure-moins », de nombreux indices annoncent que la dosettes ESE devrait dans les prochains mois laisser place à une nouvelle race de dosettes souples (dites universelles donc compatibles expresso rappellons-le) contenant des crus de bien meilleur qualité.

mardi 23 octobre 2007

Makaibari, un écolo humaniste à Darjeeling

Si il est inutile de vous présenter Darjeeling dont le thé noir est le plus renommé au monde (le Champagne des thés), il est par contre intéressant de vous parler de la seule plantation de Darjeeling n’appartenant pas à une multinationale, le « jardin de Makaibari », pionnier de la production biologique et biodynamique.

Il produit environ 120 tonnes de thé par an et parmi ceux-ci des crus d’une extrême finesse. Certains connaisseurs osent même dire que c’est là-bas que poussent les meilleurs Darjeeling.

A la tête du jardin Rajah Kumar Banerjee, surnommé le seigneur de Darjeeling, cultive la passion du thé et l’amour pour la terre et son environnement. Outre ses actions écologistes telles que la préservation de la forêt tropicale ou la récupération du méthane animal pour la cuisson des aliments, il a aussi fait du jardin une véritable institution démocratique et humaniste. Première plantation de la région à rejoindre l'Organisation mondiale de commerce équitable, il y existe un système de démocratie participative où des micro-crédits sont accordés aux employés pour qu’ils puissent prendre en main des projets économiques et démontrer leur capacité à gérer eux-mêmes l’exploitation.

Rajah Banerjee a ainsi décidé de céder ses terres lors de la prochaine décennie à ses 700 employés dont 70% de femmes qui deviendront alors tous actionnaires de la société. Un bel exemple de société plus équilibrée.

Plus d’infos sur : http://www.makaibari.com

lundi 22 octobre 2007

Kopi Luwak : Backdoor café

Si vous considérez que les meilleurs Mokas d’Ethiopie sont des cafés au rabais et que le Blue Mountain de Jamaïque est tout juste correct pour un café de tous les jours alors le Kopi Luwak, littéralement « café de civette » est fait pour vous. Mais accrochez-vous, à plus de 200€ le paquet de 250 grammes de café digéré et même 30€ la tasse dans certains coffee shops tendances, nous entrons dans un monde de snobisme scato-gastronomique qui risque d’en rebuter plus d’un.

Les grains de ce cru fabuleux ne sont pas cueillis par des mains humaines mais par les griffes des Luwak ou civettes sauvages d’Indonésie (Paradoxurus hermaphroditus), une sorte de petit animal qui ressemblerait à un croisement entre un gros chat, un raton laveur et une fouine. La nuit, ils avalent par dizaine les cerises rouges de caféiers arabusta (hybrides robusta/arabica typiques en Asie) et c’est dans leur estomac qu’un incroyable processus enzymatique transforme la composition des grains, réduisant le taux de caféine et de protéine pour leur donner une douceur incomparable. Ensuite les fermiers récoltent les grains verts qu’ils nettoient minutieusement après séparation du reste des excréments. Enfin une torréfaction artisanale vient apporter la touche finale en développant des arômes de chocolat noir, de terre humide et une longueur en bouche vanillée.


Tout cela est étonnant et serait même amusant si l’on omettait de parler de la crise permanente qui sévit au sein de l’archipel Indonésien, du travail des enfants, des dérives économiques de la mondialisation qui abuse le pays, des dérives écologiques avec la déforestation et la surexploitation des ressources naturelles… C’est dans ce contexte que le phénomène Kopi Luwak, de par sa valeur marchande génère de nombreux trafics et que près de la moitié des cafés de civettes sur le marché ne sont que de pâles imitations parfois même soupçonnées de véhiculer le SRAS.

Pour plus d’infos, suivez le lien Wikipedia : Kopi luwak